Posts Tagged ‘déchets’

Watch the Waste (presque) de retour !

dimanche 30 mai 2010 à 18:35

Un petit mot avant de prendre la mer pour une dernière traversée. Départ des Açores prévu ce lundi pour rejoindre la Bretagne à temps!

Venez nombreux pour nous accueillir sur les pontons du port de la Trinité-sur-Mer, le samedi 12 juin, à partir de 14 heures. Rendez-vous face à la capitainerie du port.

Du plastique dans les Sargasses: la carto…

mardi 18 mai 2010 à 18:02

Voici la carte de notre passage à travers la mer des Sargasses en Avril dernier. Elle indique les zones d’agglomérations de déchets observées et les limites probables du “garbage patch” Nord Atlantique.
Cliquez sur l’image pour afficher le pdf.
A très vite pour la suite!

Toujours plus à l’ouest… Cuba

mercredi 28 avril 2010 à 18:54

Enfin des nouvelles de l’équipe de Watch the Waste, après quelques semaines de coupure !
Comme prévu, le connections Internet cubaines ne nous ont pas permis de mettre à jour le site, c’est donc depuis les Bermudes, point de départ de notre Transat retour que nous prenons le temps de vous raconter ces quelques journées dans un pays pas comme les autres…

L’arrivée à Santiago a été marquée par les formalités d’entrée, qui à Cuba, pour les grands voyageurs, prend l’allure d’un défilé d’autorités inoubliable. Avant que des représentants de toutes les administrations concernées ne soient passés à bord, il nous est interdit de poser le pied à terre. Les services sanitaires ouvrent le bal pour évaluer notre bonne santé, et pulvériser de l’insecticide dans la cabine. Rien à signaler, nous pouvons descendre notre pavillon de quarantaine. Puis, les services phytosanitaires viennent inspecter nos fruits, nos légumes et nos produits alimentaires emballés. Là, l’inspecteur découvrira un ou deux moucherons suspects : quelques paquets de pâtes et deux ou trois citrons verts nous sont réquisitionnés pour analyse. Viendront ensuite l’immigration, les douanes, les services vétérinaires… Au bout de cinq heures, les formalités sont officiellement terminées ! Bienvenue à Cuba !

Alcavelis au ponton de la marina Punta Gorda

Alcavelis au ponton de la marina Punta Gorda

Avant d’accoster, une odeur forte de goudron et de souffre était venu accompagner notre approche de Santiago. Au dessus des pontons de la presque marina, deux cheminées crachent des fumées que nous ne pouvons qu’associer à cette atmosphère chargée. La baie de Santiago accueille en effet de nombreuses industries et notamment une raffinerie de pétrole et une cimenterie. Aussi malgré un paysage encore très préservé, la présence de l’homme se ressent ici sur une tonalité très industrielle. Nous apprendrons plus tard que le cas de la baie de Santiago n’est pas isolé, mais que presque tous les sites industriels littoraux de Cuba sont marqués par l’absence quasi-totale de dispositifs de préventions et de maîtrise des pollutions. Situation qui, dans un contexte marqué par l’éternelle poursuite de l’embargo américain, ne semble pas pouvoir trouver d’issue immédiate.

Les spécificités cubaines sont trop nombreuses pour pouvoir être décrites en un court article. De même, notre escale n’aura pas été suffisamment longue pour entrevoir l’étendue des paradoxes qui animent l’île. Mais voici néanmoins quelques constats et informations récoltées lors de notre séjour dans un des derniers pays communiste au monde.

UNE ILE A DEUX VITESSES
A Cuba, deux économies coexistent. Ceci tient à la présence de deux monnaies : l’une, dite peso convertible, le CUC, et l’autre, le peso non-convertible ou monnaie nationale, le CUP. Il faut 25 pesos non-convertibles pour faire un CUC. Pour exemple, les cubains reçoivent leur salaire de l’Etat en monnaie nationale (le salaire moyen de 250 CUP équivaut à une douzaine d’euros), auquel s’ajoute la ration hebdomadaire individuelle, donnant accès à chacun au minimum alimentaire vital. Le CUC est avant tout la monnaie du tourisme, qui constitue la seconde ressource économique de l’île. Il est ardu pour le visiteur de payer quoi que ce soit en monnaie nationale. Magasins, hôtels, restaurants, et même certains services de transport affichent donc leurs tarifs en CUC, tarifs absolument inaccessibles pour les habitants. Ainsi, le coût de la vie pour le visiteur est comparable à celui des pays les plus riches, bien que le niveau de vie cubain soit un des plus faibles au monde. De fait, il existe une barrière entre les visiteurs et les habitants. L’équilibre économique de Cuba tient donc tant à la reproduction des habitudes de consommation des visiteurs occidentaux, qu’à leur relatif isolement vis-à-vis de la vie réelle des cubains.

Santiago

Santiago

Pour le touriste, donc, la situation politique du pays (l’embargo notamment) passent presque inaperçus. Rien ne rappelle que le moindre restaurant est une activité étatique et que le bœuf qui y est servit n’est pas disponible dans les commerces pour les cubains.

DES DECHETS PAS COMME LES AUTRES?
A cette économie à deux vitesses, correspond bien évidemment une consommation qui se joue sur différents plans. Lors de nos rencontres avec les habitants, beaucoup nous ont fait comprendre qu’il y avait moins de déchets à Cuba qu’ailleurs, parce que l’accès aux biens de consommation y était très limité. Ceci est confirmé par les statistiques officielles qui évaluent à 500gr. en moyenne la masse de déchets produit chaque jour par chaque cubain (En France, ce chiffre approche les 1,5kg). Mais ces statistiques excluent totalement l’impact de la consommation touristique sur l’île.
Concernant le recyclage, si aux dires de la plupart des habitants il est inexistant, la récupération et le réemploi sont ici une réalité quotidienne. Un sac plastique n’a pas deux, mais dix vies. De même avec la bouteille de soda ou d’eau minérale. Par ailleurs, on peut observer, un peu partout, des récupérateurs de rue : chargés de gros sacs, ils ramassent les canettes de boisson et autres emballages aluminium délaissés dans les poubelles publiques.
Il existe une usine de recyclage à Santa Clara au centre de l’île. Celle-ci est censée traiter la totalité des déchets recyclables collectés dans l’ensemble du pays. Selon l’association ProNaturalezia, l’usine fonctionne. Mais un seul centre pour l’ensemble du territoire reste largement insuffisant. De même, à l’échelle domestique, le tri sélectif n’existe pas. Des expériences ont été lancées dans le centre de la vieille ville de la Havane. Mais, à ce jour, les moyens pour étendre la mise en place d’un système raisonné de gestion des déchets sont inexistants. Sans collecte organisée ni moyens fiables pour transporter les résidus jusqu’au centre de traitement, l’usine de Santa Clara peut continuer de tourner, mais elle risque de le faire à vide
A la télévision nationale, des spots publicitaires encouragent chacun à pratiquer le tri sélectif. Mais, à la Havane par exemple, l’ensemble des déchets collectés par les services municipaux est directement stocké dans une décharge à ciel ouvert, à quelques centaines de mètres de l’aéroport international. Les déchets sont entreposés puis incinérés, à l’air libre.

Cette situation correspond à celle que nous aurions pu observer dans n’importe quel pays dit en développement. Pour autant, Cuba reste un cas à part. Face à l’embargo qui continue, les attitudes sont diverses, mais bien souvent marquées par une forme de frustration de l’ailleurs. Nombre d’entre ceux que nous avons rencontré nous ont demandé de leur faire une petite place sur le bateau. Beaucoup semblent tout simplement impatients de pouvoir accéder à ce qui symbolise aujourd’hui l’extérieur du pays : internet, les téléphones portables et autres symboles extérieurs d’un standard de vie à l’occidentale. Cette aspiration se fait d’autant plus prégnante que de nombreux cubains ont réussi à fuir le pays pour les Etats-Unis et parfois l’Europe ; ceux-là sont souvent, à demi-mot, présentés comme des exemples à suivre.
Dans une île de Cuba encore très marquée par les héros d’une révolution déjà ancienne, les aspirations au changement sont très facilement perceptibles. Mais quel est réellement l’objet de cette aspiration ? De quel changement parlons-nous ? S’agit-il d’une ouverture tant attendue au reste du monde ou plus prosaïquement, d’un désir individuel profond, bien qu’à peine avoué, de pouvoir s’enrichir et consommer, en toute liberté ?

Depuis les hauteurs de la ville, Santiago sendort

Depuis les hauteurs de la ville, Santiago s'endort

Un carnaval à méditer?

mercredi 24 février 2010 à 18:46

Après quatre mois d’expédition, Watch the Waste est de retour en France! Mais ce bout de France là ne ressemble à aucun autre, surtout lorsque l’on y accoste pendant les jours gras: à la Martinique, entre le dimanche qui le précède et le mercredi des cendres, c’est Kawnawal!
Bon gré, mal gré, l’équipe de Watch the Waste découvre en arrivant au Marin, une île en pleine effervescence, où chacun semble n’avoir qu’un mot à la bouche… Le carnaval est ici une véritable fête nationale dans laquelle la plupart des martiniquais semblent s’investir corps et âme! Un indice de cette ferveur populaire: tous les commerces de l’île ferment à midi pendant toute la durée du carnaval!


Les diables rouges sont de sortie! C’est Mardi-gras à Fort de France!

Mais, cette année, le carnaval avait des raisons de remporter un succès populaire inégalé: l’année dernière, les grêves contre la ‘pwofitation’, avaient bloqué l’organisation de ces festivités. Aussi, en 2010, tout le monde attendait avec impatience les jour gras du mois de février.
Les festivités commencent dans l’île dès le mois de janvier: élection des reines (une par village), petits spectacles burlesques et autres foires. Mais c’est tout au long de l’année que chacun travaille au point culminant de la fête pendant les 4 jour gras du carnaval: fabrication des chars ou confection des costumes pour les danseuses et les musiciens, chaque groupe participant se livre à une compétition sans grand enjeu, si ce n’est celui du plaisir de la fête.
Les origines de ce carnaval remonteraient au prémisces de la colonisation sur l’île. Il se déroulait alors à Saint-Pierre, et a connu se heures de gloire jusqu’à l’éruption de la montagne pelée. La forme actuelle du carnaval est plus récente et apparaît comme un métisage entre culture africaine et carnaval tropical, à l’image de celui de Trinidad ou de Rio.

Pour ce qui est du rite populaire, la fête commence véritablement le dimanche avec la présentation du “vaval”, un mannequin géant, personnage emblématique de la célébration, objet des moqueries constituant le centre de gravité de ces quatre jours d’euphorie. Cet année, le vaval qui représente en général un homme politique ou une célébrité, avait pri la forme d’un gros banquier tenant dans ses mains des liases de billets. Ce jour là, chaque ville et village de la Martinique envoie chars, danseurs et musiciens vers Fort de France où se déroule la grande parade du Carnaval. Le lundi est dédié à l’innversion des sexes et au mariage burlesque: les hommes se travestissent en femme et inversement. Le mardi-gras est le jour de la sortie des “diables-rouges”, véritable symbole du carnaval martiniquais, et jour de l’apogée des festivités. Ceux-ci défilent dans les rues et sont censés effrayer les enfants. Enfin le mercredi, on annonce le matin la mort de Vaval et la ville défile endeuillée de noir et de blanc: au crépuscule on brûle le mannequin pour achever les festivités.

Si nous nous attardons à vous décrire cet événement qui pourrait sembler à certains très éloigné de l’objet de notre périple, c’est tout d’abord qu’une telle ferveur populaire ne saurait laisser qui que ce soit de marbre. Mais plus encore, il nous est apparu que cette célébration mettait en scène quelque chose qui pouvait ressembler à ce que nous traquons sur les mers depuis le début de ce voyage: le déchet. La tradition carnavalesque est depuis toujours associée à une forme de lacher-prise où tout tourne autour de l’excès. Dans la tradition chrétienne, le mardi-gras est un jour d’excès où l’on consomme de la viande avant le jeun du carême.
Les formes plus contemporaines du carnaval perpétuent cette dimension de l’excès et lui donnent corps en général à travers des manifestations publiques. A cette abondance de décors, de couleurs, de gestes, de cris, de chants, le carnaval martiniquais apporte une touche de dérision où les questions politiques sont placées au coeur de la fête. Chacun participe à construire cela même que la manifestation collective va amener à détruire. En effet, Vaval, le personnage clé du carnaval est fêté pendant trois jours, mais, en dernier lieu, ce que l’on célèbre, c’est sa destruction par le feu. De même avec les chars qui seront brûlés à la fin de la fête.

Ce que nous souhaitions souligner ici, c’est le caractère presque vital de ce qui se joue dans les pratiques de mise au rebut. Ce que l’on rejette et que l’on veut voir diparaître définit les frontières d’un extérieur: la communauté se fonde sur ce qu’elle refuse de voir s’insérer en elle. En bref, il y a de la vie dans le déchet et dans les rites qui le mettent en jeu.
En d’autres termes, il n’y a de superflu que dans l’abondance. Le carnaval met en scène cette abondance vécue par tous comme un moment libérateur, peut-être parce que pendant ces quelques jours, ce qui à tout autre moment aurait été vécu comme un pur gaspillage est alors compris par tous comme un acte vital. Par extension, il est possible de considérer l’acte qui fait le déchet comme un geste qui libère, ponctuellement, celui qui jette de ce qui l’encombre. Par ce geste, l’individu marque on appartenance à une communauté, celle des consommateurs. Jeter devenant alors un moyen d’accéder à un statut privilégié, car en effet, ne jette que celui qui a possédé.

En guise de conclusion, revenons-en à des constats plus terre à terre. Un carnaval ne se fait pas sans déchets bien concrets: bouteilles platiques, emballages polistirène pour déjeuners à emporter… et la côte de Fort de France, balayée par les vents d’est s’ouvre à l’ouest sur une baie qui, sans nul doute, aura gardé quelques traces de ces jours d’euphorie nécessaire.

A l’ouest du Cap Vert…

mercredi 06 janvier 2010 à 17:15

Comme nos lecteurs les plus fidèles l’auront compris, cette escale au Cap Vert aura été l’occasion pour l’équipe de Watch the Waste de recharger les batteries ! Un petit moment de répit avant d’entrer dans le vif du sujet.

Pendant une quinzaine de jours, Alacavelis a silloné les mers qui séparent les îles Barlavento. Ici, c’est le nom qui est donné aux îles “au vent”, celles qui sont traversées pendant de longs mois par les Alizés. Mais, cette année, les vents ont été particulièrement calmes, ce qui n’a pas réjoui tout le monde !
En effet, la première île visitée fût Sal, qui oriente son économie exclusivement vers le tourisme. Chaque année, des milliers d’amateurs de sensations fortes viennent fouler la plage de Santa Maria à la conquête d’une “des plus belles droites du monde”… Des loueurs de surfs et de kytes jalonnent les bâtiments des hotels fraichement dressés sur l’île qui, jusqu’à il y a peu, était le point de passage obligé de tous les vols internationaux desservant le Cap Vert.
Faute de vent et peut-être aussi parce que le tourisme de masse n’est décidemment pas une activité prisée à bord, l’équipage est parti à la conquête de la plage orientale de l’île, la Serra Negra, devenue une véritable décharge littorale.


A l’est de Sal, les courants et les vents viennent charrier des résidus qui s’amoncellent aux pieds d’une décharge à ciel ouvert.

Sur ce site, s’amoncellent, entre autres, les restes des matériaux ayant permis la construction des hotels décrits plus tôt. Ironie du sort, cette plage est tacitement interdite à la baignade car elle est le lieu de reproduction privilégié des tortues marines locales…


C’est ensuite vers Sao Nicolau que nous avons continué ce périple, toujours plus à l’ouest. Bien qu’en plein coeur de l’archipel, elle en est peut-être aujourd’hui une des îles les plus isolées. Territoire préservé des vagues massives de vacanciers, c’est ici que l’équipe a compris le pourquoi du “vert”, dans le nom donné à l’archipel. Une fois passées les colines arides de Tarrafal, le visiteur se retrouve dans un paysage où la végétation abonde. Des vallées et des sommets vertigineux se succèdent sous nos yeux. Ici, la richesse des sols est à associer à la richesse des coeurs: la Morabeza, l’art de vivre, d’être et d’accueillir à la capverdienne est toujours une réalité. Chacun semble conscient des limites des eldorados touristiques. Et même si on y aspire forcément un peu, les habitants semblent, comme nous, vouloir profiter des quelques années qui séparent encore Sao Nicolau d’un développement que nul de saurait réfreiner.

Tarafal, Sao Nicolau, à quelques heures du réveillon de Noël

Au fil de son parcours entre les îles Barlavento, l’équipe a réalisé les premiers prélèvements planctoniques de l’expédition. Les essais du Manta Trawl, prêté par l’Algalita Marine Research Foundation sont concluants. Le bateau parvient, sans trop être freiné, à tirer derrière lui cette bouche béante qui retient dans son filet toutes les particules en flotaison. Nous observons à l’oeil nu des résidus plastiques, sous forme de petits filaments colorés. Tout cela promet pour les mois à venir!

Premiers essais in situ du Manta Trawl.

L’arrivée à Sao Vicente marque la fin de cette escale capverdienne. Mindelo sera le point de départ de la transat’ aller. Chacun tente de profiter au mieux de la terre que nous allons quitter pour quelque temps. Juste en face, Santo Antao sera la dernière silhouette terrestre que nous pourrons admirer en faisant route vers le continent américain. Et quelle silhouette !

Les sommets de Santo Antao, dernière images de la terre avant l’océan…

L’heure est donc venue pour l’équipage de retrouver le large. Depuis quelques jours, nous nous affairons pour préparer notre embarcation à cette longue traversée. Départ prévu demain, jeudi. En route vers l’ouest ! Il ne faudra pas moins de 15 jours de mer pour rejoindre l’île de Tobago. D’ici là, nos nouvelles seront rares… Mais vous pourrez suivre notre parcours grace à la cartographie en temps réel.

Et, en attendant de vous retrouver, tous les membres de l’équipe vous souhaitent une excellente année !

A très vite (ou presque) pour la suite !

La baie de Hann à l’heure de Copenhague…

mardi 08 décembre 2009 à 16:07

En Europe, le sommet de Copenhague s’est ouvert hier matin. A défaut de chefs d’états, l’équipe de Watch the Waste, en escale à Dakar, a rencontré les habitants de la baie de Hann, un des sites qui figure en bonne place dans le classement des plages les plus polluées du monde.

Le pied à peine posé à terre, la situation de la baie de Hann ne peut qu’être confirmée par nos premières sensations. A la lisière de l’eau, le sol est noirci. Des déchets par centaines s’amoncellent sur le sable. Mais surtout, une odeur de vase peu commune est omniprésente aux abords du ponton qui nous amène jusqu’à terre.


La plage de la baie de Hann. Dans le fond, la couleur originelle du sable, au premier plan, le sol noirci par les diverses pollutions qui touchent le site.

Très vite, nous rencontrons Babacar Fall, président de l’association Siggil Hann qui se bat depuis plus de cinq ans pour la restauration de la baie. Les membres de Siggil Hann habitent tous à proximité de la plage. Les plus anciens ont pu assister à la dégradation de leur cadre de vie : « dans les années 60, cette baie était considérée comme la plus belle plage du monde après celle de Rio de Janeiro ». En effet, ce site réunit des qualités exceptionnelles : de grande taille, on y retrouve un sable d’une rare finesse, exposé plein sud, à l’abri des vents et des courants. Mais aujourd’hui, rares sont ceux qui osent s’aventurer dans l’eau. Les quinze kilomètres de plage qui forment la baie sont devenus un des territoires anthropisés les plus pollués de la planète. Chacun semble ici déplorer un véritable gâchis qui s’est joué en moins de cinquante ans.


Rencontre avec Siggil Hann : de gauche à droite: Mame Yabe Diop, Mamadou Bocar Thiam, Baptiste Monsaingeon, Yann Geffriaud, Pape Sylla, Malang Badian (chef de quartier Marinas), Marcel Diatta, Mamadou Diédhiou, Babacar Tambidou, Mbaye Ndiaye, Pierre sassier, Babacar Fall.
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De Madère aux Canaries…

mardi 10 novembre 2009 à 12:50

Départ prévu ce jour pour Lanzarote ! Avant de prendre la mer, voici quelques remarques sur ce que nous avons pu voir des déchets à Madère…

Près de 300000 personnes vivent sur l’île principale de l’archipel. Pour une île d’environ 750km², la forte densité de population a obligé les autorités régionales à mettre en place des solutions intégrées de gestion des rebuts quotidiens et industriels. On retrouve deux centres d’incinération sur ce caillou posé au milieu de l’Atlantique.

L’économie de l’île est avant tout orientée autour du tourisme (près de 20% du PIB). La pollution du littoral est ainsi un enjeu vital pour chacun. Les paysages grandioses ne sauraient être mis en cause par la présence de débris de la vie terrestre. De nombreuses informations sont observables dans les rues et à proximité des centres de vie: un seul mot d’ordre, le tri sélectif et la gestion raisonnée des déchets. Les centres d’incinération de l’île sont donc alimentés par des déchets propres !

En effet, ici, rien n’existe pour mettre en place un processus de recyclage industrialisé. Le produit du tri permet donc simplement de fournir un meilleur rendement aux incinérateurs. Ceux-ci produisent une énergie qui est encore loin de subvenir aux besoins de consommation de l’île.

L’incinération produit des résidus, déchets ultimes, souvent toxiques. Ici, il n’y a pas assez d’espace pour construire des centres de stockages adaptés. Ces débris de débris, ces restes du reste sont donc renvoyés à terre, généralement par bateau jusqu’au continent.

Ce que nous consommons ici voyage donc beaucoup !

Inspirés par ces aller-retours impromptus, nous quittons Madère dans quelques heures pour rejoindre un des eldorados du tourisme de masse: les Canaries !

A très vite pour la suite !

Sur un air de Madère…

vendredi 06 novembre 2009 à 21:49

Partis de Lisbonne le samedi 31 octobre, c’est le mercredi suivant au petit matin que l’équipe de Watch The Waste a mis pied à terre dans le port de Porto Santo, petite ile volcanique à seulement 20 milles de Madère. Arrivés en fin de journée à l’Est de ‘la Perle de l’Atlantique’, nous souhaitions partager avec nos lecteurs un résumé de cette traversée qui nous aura permis de rejoindre un archipel aux airs de bout du monde…

Ces quatre jours de mer nous ont offerts, comme à l’accoutumée, des conditions variées mais néanmoins un peu plus propices à l’observation des déchets. Par petit temps, le constat est bien là : malgré l’éloignement des côtes et le peu de bateaux croisés, de nombreux déchets dérivent à la surface des eaux. Bouteilles et sacs en plastique, bouées de pêcheur, cagette en bois sont les déchets les plus couramment observés. Nous notons, pour chaque déchet rencontré, sa position GPS, ses caractéristiques et, dans la mesure du possible, le prenons en photos. Dans une nature d’apparence intacte et non dégradée par la présence humaine, chaque déchet rencontré nous rappel à quel point les éléments interagissent entre eux. La mer, par l’effet des courants marins, se retrouve indirectement touchée par les actions de l’homme sur le continent. Comme un alpiniste croisant des déchets en haut d’un sommet, les rares visiteurs de l’océan ne peuvent qu’être marqués par cette situation.

A la sortie de l’embouchure du Tage, c’est sur une mer parsemée de déchets que notre navigation commence. Nous constatons que de petites grappes de débris apparaissent régulièrement aux abords du bateau: morceaux plastiques et autres résidus de la vie urbaine s’amoncellent, toutes les dix minutes, par paquets. Les quelques clichés que nous avons alors tenté de réaliser ne sont malheureusement que trop peu parlants. Ces agglomérats restent ici caractéristiques des phénomènes observés sur les littoraux urbanisés.

Lors de cette navigation nous avons pû tester notre protocole d’échantillonnage macroscopique des déchets flottants. Grâce à une installation très simple, nous délimitons une zone d’observation d’environ trois mètres de largeur nous permettant d’établir des statistiques sur la densité de déchets croisés sur notre route.

Protocole dit du “bout dehors”. Mesures de la concentration macrodétritique sur un espace témoin.

Avec le large, les grappes de déchets laissent la place au calme d’un horizon bleuté. Néanmoins, nous croiserons pendant notre traversée de près de 4 jours une dizaine de macrodéchets, isolés à plusieurs centaines de milles de toute côte. Il s’agit pour l’essentiel de résidus qui nous apparaissent d’origine maritime : morceaux de mousse polystirène servant à l’isolation des navires et autres boules de pêche constituant l’essentiel de notre récolte.

Morceau de polystirène: déchet récupéré à bord d’Alcavelis.

Le dernier jour de navigation a été marqué par une rencontre inattendue entre l’équipage et une tortue marine. Nous l’observons et constatons qu’un seau en plastique semble accroché autour d’elle. A notre vitesse, nous les perdons très vite de vue et il est immédiatement décidé de les retrouver. Nous affalons à la hâte le spi puis retournons sur notre trace en tirant des bords. Chacun scrute au loin à la recherche de la tortue piégée et, au bout d’une dizaine de minutes, une tache noire se présente sur notre tribord. La voici! Elle nage paisiblement. Nous sommes rassurés, le seau dérivait près d’elle mais sans l’avoir piégé, heureusement (là encore, les conditions de mer et la rapidité de la manoeuvre ont très largement limité la qualité de nos prises de vues… l’équipage ne perd pas espoir d’améliorer rapidement ses compétences en cadrage…!). Après cette manœuvre peu commune, nous reprenons notre route en direction de Porto Santo,  ne pouvant que constater que de telles créatures peuvent à tout moment se faire piéger par un ennemi trop présent : le déchet.

Sur les pontons de Porto Santo,  nous ne rencontrons que des navigateurs de haute mer. Nous commençons à échanger avec les uns et les autres autour du projet PODEM. La question des déchets semble ici concerner chacun, tout simplement. Certains s’engagent dès maintenant à nous transmettre les positions des détritus croisés sur leur route. Grâce à ces nouveaux observateurs, nous espérons pouvoir enrichir la base de données que nous avons commencé à développer. Bientôt, sur notre carte de suivi, vous pourrez consulter en temps réel (ou presque) nos premiers résultats.

A très bientôt pour la suite !

Des déchets et des hommes…(1)

vendredi 30 octobre 2009 à 17:12

Il était temps ! Watch the Waste vous parle (enfin) de déchets ! Avant de détailler plus avant nos premiers constats, il s’agit de revenir rapidement sur certains facteurs qui ont très largement limité nos possibilités d’observation : les conditions météo ! C’est ici la première concrétisation d’une évidence pour l’équipe: comme pour tout ou presque sur un bateau, seuls le vent et la mer sont maîtres des hommes qui naviguent.

Malgré tout, chacun pourra voir très prochainement que l’équipage a taché dans ces moments exigeants de prendre note des objets flottants qui sont passés à portée de vue d’Alcavelis.

Faute de déchets sur l’eau, nous nous sommes rabattus sur ce que nous avons pu! A terre, partout où sont installées des infrastructures dédiées à la plaisance, nous avons pu constater l’omniprésence du tri sélectif. A tel point parfois que le container dédié au ‘tout venant’, au vrac, a disparu… La péninsule ibérique veut montrer à tous ceux qui la visitent que le choix du tri des rebuts du quotidien a été fait (preuve en est l’effort apporté à l’esthétique des containers dédiés au tri, souvent installés en plein centre d’espace très fréquentés).

Quelques poubelles de tri… en plein centre de la Corogne !

Mais il faut en revenir à nos déchets… ceux qui continuent de flotter ! C’est avec notre navigation entre Espagne et Portugal que nous avons pu commencer à considérer l’ampleur de la tâche que nous nous sommes donnés.

Après un départ pluvieux et agité de la Galice, l’arrivée sur les côtes portugaises s’est accommpagné d’une mer calme et d’un vent quasiment absent ! C’est dans ces conditions de quiétude que l’ensemble de l’équipage a été frappé par l’explosion de la fréquence avec laquelle les relèvements de position d’objets flottants pouvaient être réalisés.
Par comparaison, là où en trois jours, sur le Golfe de Gascogne, nous avons pu constater péniblement une demi douzaine de macrodéchets, en quatre heures, à 25 miles de la frontière hispano-portugaise, plus d’une quinzaine d’obsaervations ont pu être effectuées !

Pour chacun à bord, le projet Watch the Waste trouve, à travers ces observations, un début d’argument. la question des déchets en pleine mer n’est plus un débat abstrait pour l’équipe. Aussi, beaucoup de chantiers s’ouvrent à bord : dans les prochaines semaines, nous espérons pouvoir intégrer à notre carte de tracking les premières données collectées, nous tacherons également de vous proposer des interviews de marins rencontrés sur notre parcours et beaucoup d’autres pistes encore à explorer…

Pour conclure et parce que dans l’océan, on ne croise pas que des déchets, une petite vidéo pour quelques instants de bonheur… à préserver !


Des dauphins accompagnent l’équipage pour quelques miles de bonheur…

Bilan de l’été au Pays Basque: 14 tonnes de déchets collectés sur les plages…

mardi 08 septembre 2009 à 10:02

Juste un mot pour indiquer à nos lecteurs, chaque jour plus nombreux, la parution d’un article en ligne de Jean-Marie Izquierdo sur le site de EITB, proposant un bilan chiffré des collectes d’ordures échouées sur les plages du pays basque, entre le 1er juin et le 31 août dernier.

L’auteur de l’article rappelle que le ramassage reste en l’état une simple solution d’urgence, face à cette pollution qui n’est pas encore reconnue par la législation.

Pour lire l’article, cliquez ici !

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